Les résultats du baromètre révèlent un décalage majeur entre besoins et réponses. Les entreprises accélèrent; la formation reste à la traîne.
Le baromètre Igensia met en lumière une tension profonde entre les mutations du marché du travail et la capacité du système de formation à y répondre. Réalisée en partenariat avec des instituts reconnus, cette enquête interroge la relation des Français à l’apprentissage, à la reconversion et à l’emploi. Elle souligne notamment qu’une part significative des actifs se sent insuffisamment accompagnée par son employeur, tandis que de nombreuses entreprises jugent l’offre de formation inadaptée. Face aux transitions numérique et écologique, la nécessité d’une montée en compétences rapide devient urgente. L’examen détaillé de ces données permet d’identifier des freins organisationnels, des marges de progrès opérationnelles et des leviers concrets pour rendre la formation plus intégrée et plus efficiente. Pour illustrer les enjeux, un fil conducteur est proposé : Atelier Nova, une PME industrielle fictive en phase de transformation digitale et écologique, confrontée à la double nécessité d’upskilling et de responsabilisation des équipes. Les observations issues du baromètre, complétées par des éléments de Centre Inffo, CSA, IFOP et MEDEF, servent de prisme pour analyser les pratiques actuelles, proposer des pistes d’action et mesurer l’impact des dispositifs de formation. Ce texte explore les causes du décalage, les obstacles concrets au déploiement, des modèles innovants de formation, les mécanismes de gouvernance et de financement, ainsi que les méthodes pour évaluer réellement l’effet des actions de montée en compétences.
Baromètre Igensia : perception des actifs et des employeurs face à la formation professionnelle
Le baromètre publié récemment offre un panorama contrasté de la situation. D’un côté, les salariés appréhendent la nécessité de se former pour rester employables. De l’autre, les entreprises signalent des difficultés à trouver des offres adaptées.
Les données montrent que seulement 43 % des actifs estiment être correctement accompagnés par leur employeur pour leurs parcours de formation. Cette proportion met en évidence une insuffisance d’accompagnement perçue par la majorité des salariés. Concrètement, cela signifie qu’une part non négligeable de collaborateurs ne bénéficie ni d’un plan de développement des compétences clair, ni d’un suivi régulier. Pour Atelier Nova, par exemple, l’absence d’une politique formalisée a entraîné une baisse de l’engagement sur les sujets numériques et une résistance aux changements de process.
Du côté des entreprises, plus de 30 % jugent l’offre de formation inadaptée à leurs besoins. Cette perception traduit deux réalités : un manque de modularité des parcours et une inadéquation entre contenus proposés et compétences opérationnelles demandées. Parmi les décideurs formation interrogés, plusieurs mentionnent des difficultés à identifier des prestataires capables de proposer des contenus contextualisés et mesurables. L’expérience d’Atelier Nova illustre ce point : la recherche d’un programme de transformation digitale pertinent a pris plusieurs mois, avec des offres souvent trop généralistes ou trop académiques.
Le baromètre souligne aussi un phénomène critique : la formation continue reste encore trop souvent dissociée des pratiques quotidiennes. Près de quatre actifs sur dix ne consacrent aucun temps à l’apprentissage chaque semaine. Ce chiffre masque des réalités contrastées : dans certaines grandes organisations, le crédit-temps formation existe mais n’est pas réellement utilisé ; dans des PME, l’urgence opérationnelle prime et bloque l’accès à la formation. L’exemple d’un opérateur logistique chez Atelier Nova montre comment une absence de planning et de temps bloqué empêche l’accès à des modules e‑learning indispensables.
Enfin, plusieurs éléments contextuels pesant sur ces perceptions méritent d’être rappelés. L’évolution rapide des métiers liée à l’intelligence artificielle et à la transition écologique crée un besoin de formation permanente. Les dispositifs publics et privés se multiplient (CPF, VAE, fonds mutualisés), mais leur articulation reste complexe pour beaucoup d’acteurs. Le baromètre renvoie ainsi une alerte : sans coordination améliorée entre offre et demande, la formation risque de rester un discours plus qu’un levier opérationnel. Insight : la fracture entre perception des salariés et réalité des entreprises nécessite des dispositifs de rapprochement mesurables et contextualisés.
Obstacles à l’intégration de la formation continue dans le quotidien des salariés
Temps, culture d’entreprise et priorités opérationnelles
L’un des principaux freins identifiés est le manque de temps dédié à l’apprentissage. Pour de nombreux salariés, la pression des objectifs quotidiens ne laisse pas de marge pour suivre des modules ou pratiquer de nouvelles compétences.
Dans la pratique, la configuration d’un emploi du temps sans plages dédiées à la formation conduit à l’abandon. Les RH d’Atelier Nova ont constaté que sans créneaux formels, les formations se font sur le temps libre ou ne démarrent jamais. Cette situation alimente une perception négative : la formation est perçue comme une charge additionnelle plutôt qu’un investissement.
Compétences des formateurs et qualité des contenus
Autre obstacle récurrent : la qualité et l’adaptation des contenus. Beaucoup d’entreprises estiment que l’offre ne répond pas à des besoins opérationnels précis. Le recours à des prestataires nationaux éloignés du terrain peut produire des modules déconnectés.
Pour remédier à cela, des solutions existent. Par exemple, la co-construction de parcours avec des branches professionnelles ou des experts internes a permis à certaines PME d’obtenir des contenus immédiatement applicables. À Atelier Nova, la mise en place d’un binôme formateur interne-prestataire a réduit le temps d’appropriation et augmenté le taux de finalisation des parcours.
Barrières administratives et financement
Le paysage des financements reste complexe malgré l’existence de dispositifs comme le Compte Personnel de Formation ou la Validation des Acquis de l’Expérience. L’usage de ces dispositifs demande une expertise administrative que toutes les petites structures ne possèdent pas.
Le baromètre signale que l’administration et la gestion financière représentent une friction tangible. Les entreprises qui n’ont pas d’interlocuteur dédié ou d’appui OPCO renoncent parfois à mobiliser des fonds. L’expérience d’Atelier Nova montre que l’accompagnement par un conseiller externe a été décisif pour débloquer des ressources et lancer des actions ciblées.
Pour conclure cette section : l’intégration de la formation dans le quotidien demande des solutions pragmatiques — temps bloqué, contenus contextualisés et appui administratif — pour transformer les intentions en résultats concrets. Insight : sans ces leviers, la formation reste périphérique et peu efficiente.
La vidéo ci-dessus offre un complément visuel aux analyses et illustre des retours d’expérience d’acteurs du terrain.
Modèles innovants de formation pour accompagner la transition numérique et écologique
Microlearning et hybridation : formats adaptés aux contraintes
Face à l’urgence des transitions, des formats courts et modulaires se sont imposés. Le microlearning permet d’apprendre en petites unités, facilement intégrables au temps de travail.
Des structures comme Unow ont montré que des parcours courts et certifiants augmentent le taux de complétion. Pour Atelier Nova, la transformation digitale a été amorcée par des modules de 15 minutes sur des thématiques ciblées, suivis d’ateliers pratiques en présentiel. Cette hybridation a permis d’ancrer rapidement les nouvelles pratiques.
Intégration de l’intelligence artificielle et personnalisation
L’IA est désormais un levier de personnalisation des parcours. Des solutions adaptatives permettent d’ajuster le contenu en fonction des acquis et du rythme du collaborateur.
Concrètement, des algorithmes évaluent les compétences et proposent des modules ciblés. Dans le contexte d’Atelier Nova, l’utilisation d’un moteur de recommandation a réduit la durée moyenne pour atteindre un niveau opérationnel sur un logiciel industriel de 30 %. Cette efficacité repose sur une ingénierie pédagogique solide et des données fiables.
Focus sur les compétences vertes et la transition écologique
La mutation écologique nécessite des formations spécifiques : nouvelles pratiques de production, économie circulaire, conformité environnementale. Le baromètre Igensia souligne que les entreprises attendent des offres mieux ciblées sur ces sujets.
Des partenariats entre branches professionnelles et organismes de formation ont permis de développer des modules métiers intégrant un volet environnemental. À l’échelle de Atelier Nova, un parcours combinant formation technique et sensibilisation a permis d’initier une démarche d’éco-conception. Les premières mesures ont montré une réduction des déchets et une optimisation des consommations énergétiques.
En définitive, l’innovation pédagogique — microlearning, IA, co-construction — apparaît indispensable pour répondre à la rapidité des transformations. Insight : l’efficacité se gagne par la modularité et la personnalisation, pas par l’uniformité des offres.
Cette deuxième ressource vidéo illustre des retours d’expérience sur l’intégration de l’IA et du microlearning dans les parcours en entreprise.
Gouvernance et financement : repenser l’appareil pour une stratégie coordonnée
Articulation des acteurs : branches, OPCO et entreprises
La coordination entre branches professionnelles, OPCO et entreprises est un élément clé pour une offre efficace. Les branches disposent d’une vision métier précieuse pour orienter les contenus.
Le baromètre met en évidence la nécessité d’une meilleure gouvernance. À Atelier Nova, l’intervention conjointe d’un représentant de branche et d’un formateur a permis d’accélérer l’adoption d’un référentiel de compétences métier. Cette démarche réduisait la nécessité d’adaptations multiples et améliorait la lisibilité des parcours pour les salariés.
Financements et utilisation optimisée des dispositifs
Au-delà du financement, l’enjeu est d’optimiser l’usage des dispositifs. Le manque de clarté sur les modalités d’accès et la gestion administrative freine l’activation des ressources disponibles.
Certaines entreprises ont créé des postes dédiés à la gestion des financements formation. Dans le cas d’Atelier Nova, l’appui d’un expert externe a permis d’identifier des fonds mobilisables pour la montée en compétences sur les outils numériques et pour la formation aux pratiques écologiques.
Rôle des politiques publiques et initiatives sectorielles
Les politiques publiques jouent un rôle d’incitation et de régulation. Les rapports récents de Centre Inffo et CNFCE insistent sur la nécessité d’harmoniser les référentiels et de simplifier l’accès aux dispositifs pour les PME.
Pour que la formation devienne un levier réel, il convient d’articuler incitation financière, support technique et accompagnement méthodologique. Insight : une gouvernance mieux structurée permettrait de lever des freins opérationnels et d’augmenter l’efficience des dépenses formation.
Mesurer l’impact des formations : indicateurs, pratiques et perspectives pour 2025
Quels indicateurs pour évaluer la montée en compétences ?
Mesurer l’efficacité des formations nécessite des indicateurs pertinents et partagés. Au-delà du taux de satisfaction, des mesures orientées vers l’opérationnel sont indispensables.
Des indicateurs comme le temps de montée en compétence, l’amélioration de la productivité, la réduction des erreurs et la progression de postes qualifiés offrent une lecture plus fine. À Atelier Nova, la mise en place d’un suivi post-formation sur six mois a permis de constater une amélioration mesurable des performances sur lignes de production.
Méthodologies d’évaluation : de la certification à l’évaluation en situation de travail
Les certifications restent utiles, mais l’évaluation en situation de travail apporte un niveau de preuve supérieur. L’observation de compétences appliquées et la validation par un tuteur terrain montrent l’impact réel des actions.
Des dispositifs combinant e‑portfolios, bilans de compétences périodiques et évaluations par les managers permettent de lier formation et performance. L’intégration de ces dispositifs nécessite une culture d’évaluation et des outils digitaux adaptés.
Perspectives et recommandations pour 2025
Pour répondre aux défis identifiés par le baromètre Igensia, plusieurs orientations s’imposent : renforcer la co-construction entre offre et demande, généraliser des formats modulaires, améliorer l’accompagnement administratif, et déployer des systèmes d’évaluation centrés sur l’impact opérationnel.
La transition passe par des actions concrètes et mesurables. En capitalisant sur des retours d’expérience comme celle d’Atelier Nova et en s’appuyant sur des bonnes pratiques professionnelles issues de sources reconnues (Centre Inffo, MEDEF, IFOP), il est possible d’amorcer une dynamique positive. Insight : la capacité à aligner offre et besoins, à financer intelligemment et à mesurer l’impact restera le critère décisif pour que la formation devienne un véritable levier de transformation.


