Face à de nombreux défis tels que le changement climatique, l’évolution des marchés et un secteur en pleine mutation, la filière vitivinicole cherche à se renouveler pour répondre aux besoins d’un avenir durable et innovant. La région Nouvelle-Aquitaine, première région viticole française, est le théâtre d’une initiative majeure : le projet NAVI, porté par le Vitivinicampus. Ce projet ambitieux vise à adapter les métiers et les formations aux transformations profondes du secteur, en fédérant plus de 30 partenaires issus de la formation, de la recherche et des professionnels. Doté d’un budget conséquent et soutenu par le plan France 2030, NAVI entend renforcer l’attractivité des métiers vitivinicoles, moderniser les formations et impulser une dynamique d’innovation centrée sur des thématiques clés à l’horizon 2030.
La viticulture, qui constitue un pilier économique national avec un chiffre d’affaires de 92 milliards d’euros et plus de 440 000 emplois, est particulièrement exposée aux conséquences du vieillissement des exploitants et aux exigences environnementales. Dans ce contexte, la Nouvelle-Aquitaine, qui représente un tiers de la production nationale, se positionne comme une région stratégique. Le projet NAVI incarne une réponse structurée et collective pour soutenir la filière, à travers une approche intégrée mêlant formation, recherche appliquée et développement technologique.
Un projet structurant pour la formation et les compétences dans la filière vitivinicole
Créé en 2023, le Vitivinicampus regroupe les acteurs clés de la filière vitivinicole en Nouvelle-Aquitaine, avec pour but d’accompagner l’ensemble des parcours de formation, de la formation initiale aux formations supérieures. Le projet NAVI, lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt « Compétences et Métiers d’Avenir », s’inscrit dans le cadre du plan France 2030. Il bénéficie d’un budget de 11,25 millions d’euros sur cinq ans, consacrés au développement de formations innovantes et adaptées aux besoins actuels et futurs des professionnels du secteur.
Ce projet capitalise sur un maillage territorial dense et diversifié grâce à l’implication de 34 partenaires, parmi lesquels établissements d’enseignement, interprofessions, chambres d’agriculture et entreprises. Le but est de mutualiser les savoir-faire et ressources pour proposer une offre complète et cohérente. Cette ambition permettra de former 15 000 apprenants, 500 formateurs et 250 conseillers, tout en sensibilisant un large public aux métiers vitivinicoles. À travers ce dispositif, la filière peut espérer renforcer son attractivité dans un contexte marqué par une concurrence accrue et une évolution rapide des exigences techniques et environnementales.
Les pôles d’excellence au cœur de l’innovation pédagogique et technologique
La structuration du projet s’appuie sur sept pôles d’excellence regroupant expertise technique et recherche appliquée. Ces pôles incarnent des domaines stratégiques essentiels pour moderniser la viticulture et ses métiers :
- Patrimoine & transitions, autour des enjeux culturels et durables ainsi que la transmission des savoir-faire viticoles.
- Robotique, pour intégrer les outils automatisés et numériques permettant d’optimiser les pratiques culturales et les processus de production.
- Vignoble expérimental, où expérimentations agronomiques et innovations techniques côtoient la recherche sur la qualité et la productivité.
- Changement climatique, pour mieux comprendre et anticiper les conséquences environnementales dans les vignes et adapter les pratiques.
- Agroéquipement, qui développe et teste des machines destinées au travail viticole durable et performant.
- Conduite d’engins viticoles, centré sur la sécurité et la maîtrise des équipements pour accompagner la technicité croissante des métiers.
- Distillation, intégrant innovations et perfectionnements techniques dans la transformation du raisin et la fabrication des spiritueux.
Ce réseau multi-disciplinaire soutient une pédagogie active et une expérimentation constante. Il fournit aux étudiants et professionnels un environnement d’apprentissage en phase avec les exigences contemporaines de la viticulture. Le développement de simulateurs, tel que pour la distillation ou la gestion des sols, renforce également la qualité de la formation en proposant des outils concrets et interactifs.
Des formations innovantes pour répondre aux enjeux climatiques et économiques
Face à la convergence des mutations environnementales et économiques, NAVI s’engage à repenser les parcours de formation pour les rendre plus adaptés et transversaux. L’intégration de programmes nouveaux, dont une licence professionnelle en agro-nutrition et un Bachelor en management de proximité en viticulture durable, traduit une volonté claire d’anticipation.
Des innovations pédagogiques telles que les badges numériques attestent d’une adaptation aux modes d’apprentissage contemporains, facilitant la reconnaissance des compétences acquises en continu. Cette approche est renforcée par la création d’une alliance régionale pour la formation et le transfert, qui travaille à la mise en commun des expertises sur des thématiques stratégiques telles que la robotique, la génétique ou l’adaptation au changement climatique.
Promouvoir les métiers vitivinicoles et valoriser les talents
Une dimension essentielle du programme NAVI réside dans la valorisation des métiers vitivinicoles, encore souvent méconnus ou sous-estimés malgré leur importance économique et culturelle. Pour cela, le projet a introduit deux concours nationaux des Meilleurs Ouvriers de France dédiés à la vigne et au chai. Cette initiative vise à reconnaître l’excellence et le savoir-faire artisanal, tout en suscitant un regain d’intérêt chez les jeunes et les professionnels en reconversion.
En stimulant cette dynamique, NAVI cherche à renouveler les vocations, fidéliser les talents et répondre à la tension sur l’emploi que connaît la filière. Ce positionnement valorisant contribue également à la reconnaissance des compétences pointues nécessaires pour évoluer dans un secteur en pleine mutation. La coordination avec des programmes régionaux tels que Néo Terra assure par ailleurs une cohérence stratégique à l’échelle territoriale.



